60e anniversaire de l’Association Charles Plisnier

 

1954-2014 L’Association Charles Plisnier 

a fêté ses 60 ans

 

Pour marquer cet anniversaire, nous avions décidé de mettre en lumière l’homme et l’écrivain qu’a été Charles Plisnier. Que disait-il et qu’a-t-il encore à nous dire aujourd’hui ? Il a été au cœur des manifestations que nous avons organisées au cours de l’année 2014. Leur but ? 

 

• Découvrir et/ou redécouvrir Charles Plisnier, premier Prix Goncourt de nationalité étrangère, écrivain inscrit dans la génération de son temps, engagé dans la vision de l’avenir de son pays et de l’Europe. 

• Donner quelques aperçus des prolongements de Charles Plisnier dans la littérature jusqu’à aujourd’hui, que ce soit dans la poésie ou le roman.

 

 

Colloque : Faut-il brûler Plisnier ? 

 

Les actes du colloque ont paru dans Francophonie vivante

n° 3/4 septembre-décembre 2014.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                         Dorina Popi                                                                           Dorina Popi, Michel Voiturier, Sofiane Laghouati                                                                                                                          

 

 

Exposition 

Plisnier : les contradictions d’un engagement

aux Archives & Musée de la Littérature

 

 

Exposition: Visages de Charles Plisnier

à la Maison de la francité

 

 

 

Il nous a paru intéressant, à l'occasion du colloque «Faut-il brûler Plisnier» d’exposer à la Maison de la Francité, des textes et des photos pour approcher la personnalité de Charles Plisnier.

(…)

GÉNÉRATION PLISNIER

Charles Plisnier et son épouse Alida, ont vécu quinze ans à Bruxelles, dans la commune de Saint-Gilles. Leur maison d'allure provinciale donnait sur la place Morichar, ombragée de tilleuls.

Durant cette période, il doit vivre du métier d'avocat, mais il n'acceptera jamais que l'esprit doive un jour étouffer le cœur. Meetings, journaux, débats, congrès, accaparent l'homme d'action et Plisnier qui, le soir, dans les faubourgs, appelle les ouvriers à la lutte, ne peut se résoudre à plaider le lendemain pour une société anonyme, rappelle Jacques Franck en 1963.

 

C'est l'époque aussi des projets, des rencontres, des discussions enflammées. Tous les mardis, se réunissent chez lui des amis et des écrivains pour travailler, discuter, pendant de longues soirées animées. Comme l'a écrit Roger Foulon, Plisnier aimait s'entourer d'âmes incandescentes.

Il y a là Albert Ayguesparse avec qui il avait fondé la revue Prospections en 1929, et Edmond Vandercammen. C'est avec ces deux-là qu'il accomplira un voyage mémorable en Espagne en 1933.

Du côté de la poésie, voici Pierre-Louis Flouquet, Arthur Haulot, Roger Bodart, René Meurant, Armand Bernier, Théo Léger, sans compter le peintre Félix De Boeck.

Le milieu social n'est pas un obstacle: Constant Malva, mineur et écrivain, y côtoie la princesse Zinaïda Schakoviskoï.

Et c'est la joie lorsque Victor Serge s'annonce.

(…)

Parmi les témoignages qui nous sont parvenus de ces rencontres, celui de Roger Bodart est sans doute le plus précis et le plus profond:

 

Un soir, un mardi, je frappe à sa porte. Dans un petit salon déjà bleu de fumée, au milieu d'un groupe de poètes, je le vois. Il est grand, massif. II vient à moi, les mains tendues. Je remarque ce sourire qui découvre les dents blanches, voraces, les yeux qui sourient, eux aussi, mais ne peuvent cacher une curiosité inquiète et cruelle, le nez en bec d'aigle, le front, enfin, très vaste, table du silence. Je pense : voici un homme.

Il m'étonne cependant. Il m'irrite. Que d'agitation. Il n'arrête pas de parler, à grand renfort de gestes. Une jeune femme entre. Il se lève, lui baise la main. Est-ce cet agitateur dont on m'avait parlé ? Un agité tout au plus. Mais non : cette fièvre ne peut tromper, il y a là une passion, ver rongeur, ou levain. Je sens qu'il n'est pas donné à un homme de rencontrer souvent, au cours de sa vie, un être aussi singulier que celui-ci. Regarde, me dis-je, regarde bien.

Je regarde ces femmes, ces hommes qui l'entourent. Que viennent-ils faire ici ? Il y a, parmi eux, un ami peut-être, un ami véritable. Les autres sont aux aguets. Ils viennent chercher une recette pour écrire, pour penser, pour vivre. Ils s'en iront, au milieu de la nuit, emportant secrètement, dans un coin de leur cerveau, un lambeau d'idée, un éclair comme un invité cache un couvert d'argent dans sa poche.

 

Lui, alors, se retrouve à la fin de la soirée, recru de fatigue, seul. Il recommencera pourtant, le mardi suivant, se donnant, se donnant, donnant sans compter.

 

VISAGES DE CHARLES PLISNIER

 

Quel était l'aspect physique de Plisnier? En avril 1947, Marginales publie un dossier en hommage à Charles Plisnier. Magdeleine Paz a choisi pour décrire l'écrivain le procédé du signalement, bref par nature, mais très expressif:

 

Taille: haute

Front: immense

Chevelure: sombre

Couleur des yeux: nuit étoilée

Nez: dru

Teint: pomme sauvage

Bouche : enfantine

Aspect: moine-paysan

Allure: gauche

Mains : pensives

Regard: apte au toucher de l'âme

 

Aujourd'hui, les photos sont là pour révéler, lorsqu'on les scrute et les compare, le tempérament ardent de cet homme qui suivit son chemin personnel, alternant vie publique et retraits dans le questionnement, souvent l'angoisse et le déchirement, avec au cœur une nécessité impérieuse: celle d'être en adéquation avec ses convictions, que ce soit dans ses paroles, son action ou ses écrits, en toute liberté : [...] il n'appartient à personne de demander à l'écrivain une œuvre à la mesure de ses besoins ou des goûts du temps. Car son œuvre sera le fruit imprévisible et pour ainsi dire fatal de son « accolement » avec la vie. L'alternative est celle-ci: la liberté totale ou le silence.

(…)

En 1935 paraît le recueil Odes pour retrouver les hommes dont l'un des poèmes, Transmutation, exprime la quintessence de cette prise de conscience.

 

Il y avait une fois une fois un enfant

et il ne voulait pas guérir

Il y avait une fois un homme libre

et il effaçait la marque de ses fers

chaque matin

Il y avait une fois quelqu'un

quelqu'un

Il fut changé en lui-même

et ne se reconnut pas

(…)

 

En 1952, malade, Plisnier prononce le discours de réception de son ami Roger Bodart à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. Bodart s'en souviendra plus tard avec une justesse dans l'émotion et la lucidité à laquelle seule une amitié profonde et ancienne peut conduire:

De ces raisons qui avaient pu déterminer le passionné militant trotstkyste à devenir membre d'une Académie royale, je distinguais bien celle qui me semblait être la principale et qui peu à peu s'affirmait, se confirmait pendant que je voyais l'orateur, dévoré par son zèle de convaincu, secouer le mors de son «texte écrit» dans de brusques tentatives d'emballement; Plisnier était là en homme d'action, Plisnier exerçait son extraordinaire présence, c'était le devoir de présence et d'action qu'il venait d'accomplir au milieu de nous.

 

Chaque écrivain a en lui une unité profonde, son œuvre et sa vie suivent un sillon qu'il est passionnant de rechercher et de découvrir. C'est bien cela qu'avait décrit Bodart, c'est aussi cela que Charles Bertin a vu apparaître un soir, au cours d'une conversation intime avec son oncle qui allait mourir quelques jours après :

 

Il me parlait de la mort et du sens de la vie. Je vécus alors un de ces moments où l'on découvrait le très grand Plisnier, et où l'homme le plus incrédule aurait senti vibrer dans le tremblement de cette voix l'aura des prophètes et des sibylles. Je le vis rassembler ses visages, devenir pour un miraculeux instant d'équilibre entre la vie et la mort, un être unifié, solitaire, unique : mille masques soudain devenant un visage.

 

(…)

 

 

Extraits du compte-rendu paru dans Francophonie vivante, juin 2014

Marie-Ange Bernard

Dimanche 23 mars à la Maison de la Francité,

dans le cadre de la Semaine de la langue française

 

Atelier d’écriture pour tous,

imaginé et animé par  Isabelle Bielecki

 

Le Stichou ou comment devenir poète ?

 

Le stichou est un nouveau genre poétique à la portée de tous. C’est un poème court dont le nom est composé de deux mots :

Stichok en russe veut dire « petit poème ».

Chou  est synonyme de mignon en français.

C’est une création belge, par opposition au haïku japonais,

pour exprimer notre sensibilité francophone,

fantastique, humoristique, romantique et bien sûr poétique.

 

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