Prix triennal Sciences humaines et Folklore Albert Doppagne

 

Prix Sciences humaines et folklore :  Lauréats

 

1995  Michel Francard  Dictionnaire des parlers wallons du pays de Bastogne.

 

1998  Marie-Guy Boutier Atlas linguistique de la Wallonie : le corps humain et les maladies.

 

2001  Jean-Jacques Gaziaux   Echos de la vie à Jodoigne pendante l’entre-deux- guerres

 

2004  Michel Revelard  Le carnaval de Binche, une vie, des hommes,  des traditions.

 

2007  Yves Quairiaux  L’image du flamand en Wallonie : essai d’analyse sociale et politique (1830-1914).

 

Le Prix Sciences humaines et Folklore Albert Doppagne est remis à

Bertrand Thibaut

Le 20 novembre 2011

Il y a des journées magiques où tout converge pour donner à un événement une qualité exceptionnelle. Ce fut le cas à Thuin, le 20 novembre 2011 lorsque j’ai eu le plaisir, au nom de l’Association Charles Plisnier de remettre à Bertrand Thibaut le Prix triennal Sciences humaines et folklore Albert Doppagne pour son beau livre En Marches, Les escortes militaires en Entre-Sambre-et-Meuse, superbement illustré des photos de Pascal Degée (Editions Aparté)1. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous aimons, quand cela est possible, récompenser les lauréats dans un lieu qui évoque et souligne leurs propos et leurs activités. Cela donne à cette manifestation une résonance plus juste, plus profonde, d’aller à la rencontre d’une ville, d’une région, dans un esprit d’échange amical. Le hasard veut que les deux Prix Sciences humaines et Folklore précédents aient aussi été aient été remis en Hainaut : à Binche, pour Michel Revelard, à Mariemont pour Yves Quairiaux. Il est vrai qu’une Association qui porte le nom de Charles Plisnier, ce célèbre montois, se sent par nature un peu chez elle en Hainaut. 

Cette belle ville de Thuin dont les rues résonnent chaque année du pas des chevaux, du roulement des tambours et du chant des fifres lors de la fête de saint-Roch était un cadre idéal pour couronner ce livre où bat le coeur de cette région. Il est vrai aussi que nous sommes dans la ville de Roger Foulon et de son fils Pierre-Jean Foulon, tous deux poètes et marcheurs. 
Nous avons trouvé un accueil aussi chaleureux qu’enthousiaste auprès de l’administration communale, accueil grandement facilité par Madame Michèle Dutrieux, secrétaire communale, aussi disponible qu’efficace. Dans la haute ville de Thuin, le bâtiment ancien où se trouve la salle du conseil communal, a été restauré en 2008, préservant la beauté des pierres tout en l’équipant impeccablement sur le plan technique. 
Ce jour-là, en cet automne particulièrement doux, le soleil était de de la partie et par les larges fenêtres, on pouvait, à travers les arbres dorés plonger le regard vers la vallée de la Sambre. Dans la haute ville de Thuin, le bâtiment ancien où se trouve la salle du conseil communal, a été restauré en 2008, préservant la beauté des pierres, tout en l’équipant impeccablement sur le plan technique. 

 

Ouvrant la séance, les deux bourgmestres, Monsieur Paul Furlan, ministre, bourgmestre en titre et Monsieur Philippe Blanchard, bourgmestre faisant fonction prennent la parole successivement. On ne peut pas parler ici de discours mais de mots d’accueil, aussi simples et sympathiques que vrais. Nous apprécions également la présence en nombre de membres du Collège échevinal et du Conseil communal. Il m’est donné après de dire quelques mots sur le livre primé. Le jury, présidé par Eugénie De Keyser comprenait Jean-Marie Duvosquel, Marie-José Bragard-Humblet et moi-même. En Marches a été choisi à l’unanimité. En effet, outre la qualité scientifique de l’ouvrage abondamment documenté, synthétisant les connaissances acquises et poursuivant loin la recherche, est complet, fort bien écrit. Marcheur lui-même, l’auteur a su allier l’émotion personnelle et le sérieux du chercheur. Très important aussi : le livre est attrayant, apte à séduire un large public. L’éditeur d’Aparté, Benoît Goffin, a de plus réussi la gageure de le publier à un prix tout à fait accessible. 

Vient ensuite une présentation de l’ouvrage joliment orchestrée grâce au travail et à la complicité de Pascal Degée. Ce dernier nous offre en effet un diaporama extrêmement parlant, construit à partir de photos inédites, qui font partie des 18.000 photos qu’il a prises en suivant pendant deux ans une septantaine de marches. Photos de « coulisse », qui nous permettent de rentrer plus avant dans l’intimité des marcheurs. 

C’est sur ce fond vivant que Bertrand Thibaut nous explique comment lui est venue la passion des Marches. A neuf ans il découvre dans la bibliothèque familiale Salves sambriennes et le Légendaire de Wallonie de Roger Foulon. C’est seulement lorsqu’il aura atteint ses quinze ans que ses parents l’autoriseront à marcher. Il sera d’abord fusil, puis il apprendra le fifre, jouant ses premières notes à Thuin. 
Parlant de son livre Pascal Thibaut souligne ensuite qu’il y donne un état actuel de la question, nécessaire puisque cela n’avait pas été fait depuis 1980. Il y propose aussi des hypothèses, refusant les clichés comme la mythologie napoléoniennes. Il insiste sur la qualité des photos de Pascal Degée et le travail commun et passionnant qui fut le leur pendant des mois : Bien des choses passent à travers les photos, que les mots ne peuvent pas dire. N’est-ce pas aussi le cas des sons ? 

Voici que rentre une batterie de tambours et de fifres, composée de certains de ses amis. Surprise et émotion. Comment parler de marches et de Marcheurs sans les entendre, sans vibrer à leur rythme qu’a si bien décrit Pierre-Jean Foulon, marcheur de Thuin ? 

                                                                                                                                                                              Marie-Ange Bernard

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

          

 

                                               Entrée de la batterie                                                                                                                Bertrand Thibaut au fifre, Pierre-Jean Foulon au tambour


Lorsque des étrangers revenus vers nos terres avec de pleines volées d’oiseaux dans la mémoire demanderont : « Où est l’homme qui fait parler la peau de chèvre sous les attouchements de ses bâtons d’ébène ? », certains qui connaissent mon nom et qui m’ont vu ouvrir les ailes de mon chant, diront : « C’est dans cette maison de lierre, parmi des fûts de cuivre et des chansons de fifre. Vous y serez reçus comme des rois, car il aime tous ceux qui vivent de la terre. [...] A vous dans la cuisine un peu sombre du cœur, il vous fera l’offrande d’une pomme, d’une eau de vie cuivrée comme les heures et d’un poème déclamé dans les orages du tambour ».2 


Merci à toutes celles et tous ceux qui, de Thuin et de la région, nous ont aidés à donner à ces moments une charge amicale aussi juste que vraie.

 

1 Editions Aparté, 2010, Avenue de l’Hélice 48, 1150, Bruxelles. info@aparte-editions.be www.aparte-editions.be 
2 Pierre-Jean Foulon, Les Baguettes, Pas Ordinaires, Thuin, 1978. 
3 A visiter : Le Musée des Marches folkloriques d’Entre-Sambre-et-Meuse. 6 rue de la Régence, 6280, Gerpinnes. Ouvert les week-ends du (de mai à septembre) de 14 à 18 h. En dehors de ces heures, visites pissibles sur réservation. www.museedesmarches.be

 

Règlement :

 

Le Prix Sciences humaines et Folklore de l’Association Charles Plisnier 

(1000 euros)

est réservé à une étude ou à un essai touchant à la Communauté française de Belgique et traitant de l’ethnologie populaire, de la géographie humaine ou de la démographie.

Il sera attribué en 2016.

Les auteurs candidats doivent être nés ou domiciliés depuis trois ans au moins:

- soit dans une des cinq provinces wallonnes ;

- soit dans l’agglomération bruxelloise ou dans une commune limitrophe ;

- soit dans une commune située dans une province ou un arrondissement flamand mais où la majorité des habitants est de langue française.

Les travaux doivent être rédigés en langue française. Ils peuvent être présentés sous forme de tapuscrit. (Les CD rom ne sont pas acceptés). S’ils sont édités, leur publication ne peut être antérieure à 2011. Ils devront être déposés ou envoyés en cinq exemplaires au siège social de l’Association a.s.b.l., 18 rue Joseph II, 1000 Bruxelles. 

Pour tout renseignement, s’adresser au secrétariat de l’Association Charles Plisnier.

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